LE ZOUK DE L’ART?

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Le Zouk de l’Art ?

Appropriation et transgression de la figure dans la peinture Guadeloupéenne

Ce nouvel accrochage, qui compte à la fois des oeuvres tirées du fonds de la galerie et des additions nouvelles interroge la représentation de la figure dans la production picturale Guadeloupéenne. L’idée a germé d’une réflexion spontanée de la présidente de la commission culture alors qu’elle passait en revue les oeuvres présentées dans l’Anthologie de la Peinture en Guadeloupe : “On dirait qu’on (les peintres Guadeloupéens) ne peint que des diables”. Bien qu’exprimé de façon rapide et dans un contexte privé, on ne peut s’empêcher de vouloir vérifier cette vision; Il y a-t-il une présence maléfique dans nos représentations? Le diable est-il le personnage qui fait peur ou simplement l’expression de la déformation des corps. Cette déformation est-elle légitimée par les déconstructions qui jonchent l’histoire de l’art : Abstraction, impressionnisme, cubisme, figuration libre etc. ? Avons-nous réellement assimilé ses notions dans nos envolées formelles ou n’est-ce que l’expression d’un manque de savoir faire, de talents, de dextérité? Avons-nous même besoin de toutes ses notions somme toute “Occidentales”? La peinture Guadeloupéenne doit-elle s’opposer à la figuration réaliste en criant que point n’est besoin de passer par elle pour trouver notre propre esthétique? Sommes nous en réalité perdus/largués dans ce grand débat? Sommes nous contre toute attente en train d’inventer notre propre figuration ; Le Zouk de l’Art ? Une danse Soukounianesque qui au-delà des craintes nocturnes représente notre condamnation à vivre avec 2 visages dans une île où petits-fils d’esclaves et petits-fils de maîtres coexistent en paix ?

Les artistes ont été sélectionnés pour la qualité de leurs œuvres. Ils représentent la peinture Guadeloupéenne dans la diversité de leurs origines et de leurs parcours. Le débat suscité ne leur est pas réservé, il concerne l’ensemble de la production picturale de notre communauté.

L’exposition est ouverte au public. L’entrée est libre.

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20 octobre – 7 décembre 2013

Lundi – vendredi 10h00 – 15h00 et sur rdv

 

T&T Jarry

43 Immeuble Socogar

1 rue Ferdinand Forest

97122 Jarry Baie Mahaut

Guadeloupe

Tel. 0590 10 91 60

info@FrereIndependent.com

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AU SUJET DES ARTISTES

Thierry Alet | Guadeloupéen vivant à New York et en Guadeloupe

Les dessins cathartiques appellent l’inconscient et invite le spectateur créer un dialogue avec l’artiste. La catharsis est exprimée par un refus des tabous. Ici les sexes érigés les seins laiteux font concurrence à des thèmes plus ou moins durs à travers des corps expressifs et difformes.

 

Patrick Nupert | Guadeloupéen vivant à Paris

Ses personnages se veulent les habitants du vide. Ce vide est celui de l’espace entre le lieu physique de leur création et celui, invoqué dans les titres : “Humanimalité”, “L’archange”, “Bokantage” ou “Kimboizè”.

Rony Sidon | Guadeloupéen vivant  à Dublin

Ses Negs Mawons de carton perpétuent le cri de Delgrès “Vivre libre ou mourir”. Vivre pour Rony c’est s’accommoder du déracinement personnel qui semble se dissoudre dans le déracinement désormais intellectualisé de son people. C’est aussi s’adapter et se reconstruire. Mais la liberté dans tout ça?

 

Benito Valadié | Français vivant en Guadeloupe

Plus nette la vision du noir de Benito s’exprime à travers sa sexualité. L’intensité des images et la profusion semblent indiquer une connivence entre l’art et la sexualité qui s’émancipe de sa vie de tous les jours. Ici les deux visages mentionnés plus haut mutent en deux corps distinct Docteur Benoît et Mister Benito.

 

Philibert Yrius | Guadeloupéen vivant en Guadeloupe

La limite entre la femme et la fleur semble romantique. L’est-elle vraiment? Regardez de plus prêt. Le pinceau se joue de notre regard et nous contraint à créer nous-même ce que le peintre suggère sans jamais le circonscrire ou rarement.