Au sujet de T&T Art Contemporain

Depuis plus de 10 ans l’Artiste Thierry Alet œuvre pour la promotion de l’art contemporain en Guadeloupe. Le but de son association Frère Independent est de développer l’art contemporain en Guadeloupe. Pour cela, il crée ce qu’il appelle des outils de développement : Le Prix Michel Rovélas, Le Projet New York, La PooL Art Fair ou la galerie d’Art Contemporain. Quelles sont les réelles influences de ces projets sur le paysage artistique de notre île ? Thierry Alet s’explique en détail sur un de ces outils : La galerie T&T Art Contemporain présente à Basse-Terre et à Jarry.

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Vernissage de l’exposition La Belle Créole, T&T Art Contemporain Jarry


En 2009, avec la bonne volonté de ma soeur Tania, Raphaël Ranauro, la société Rolls Alu et l’appui de Victorin Lurel et de la Région Guadeloupe, T&T Art Contemporain ouvre à Basse-Terre. L’exposition inaugurale présente les oeuvres d’artistes qui ont bénéficié du « Projet New York » de Frère Independent depuis 2004 : Jean-Marc Hunt, Jean-François Manicom, Henri Tauliaut, Cynthia Phibel et Thierry Alet. Peu de temps après, nous y avons présenté la première exposition dédiée à l’Art Vidéo du pays et la seule à ce jour. Elle comptait des maîtres de l’art vidéo tels que Douglas Gordon, Gary Hill, William Kentridge, Paul McCarthy et Pipilotti Rist. S’en sont suivies d’autres expositions d’artistes importants tels que Ernest Breleur, Ismaël Mundaray ou la photographe sacrée « BEST IN SHOW » par le New York Times au Withney Museum : Renée Cox. Exposition curatée par Élisabeth Gustave.

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Rencontre avec Renée Cox à T&T Basse-Terre
Gauche : Renée Cox, Droite : Élisabeth Gustave

« Offrir de plus grandes expositions » 

Forte du succès de l’exposition de Renée Cox, Élisabeth s’engage avec nous pour ouvrir T&T Jarry afin d’offrir de plus grandes expositions au public de la Guadeloupe. L’espace étant plus proche des centres d’activités, les expositions sont dès lors plus faciles d’accès. Les 400 m2 + 300 m2 en mezzanine de la galerie ouvrent sous le parrainage de Maryse Condé. L’écrivaine la plus talentueuse de notre pays a participé gracieusement à la soirée pré-inaugurale. Elle y dicte à Thierry Alet une partie du texte de son roman La Belle Créole, titre de l’exposition inaugurale, pour la réalisation d’une fresque en direct. En 2 ans, nous y avons exposé plus d’une centaine d’artistes. L’espace est aussi le théâtre régulier de performances d’art contemporain ou d’ateliers en mini résidence.

Malgré ce programme inédit une question revient : Comment situer la place et le rôle de ces deux galeries face au programme des structures de monstration existantes ? Halls de mairies et de médiathèques, salles municipales polyvalentes pour la plupart. Ces salles ont une utilité indéniable. Leur programme d’exposition inscrit parfaitement l’art et la culture dans son rôle de lien social et de stimulation intellectuelle. Malgré tout, leur statut administratif n’inclut pas l’acquisition par leur personnel des compétences d’une galerie. En effet, les dirigeants de médiathèques et les employés de mairies n’ont pas vocation à représenter les intérêts artistiques et économiques des artistes. Leurs salaires sont attribués à des taches d’intérêt de la collectivité qui les emploie. Ces salles et structures sont donc limitées à la fois dans l’accompagnement des artistes, ainsi que dans l’encadrement du public. En conséquence, le développement de l’art contemporain en Guadeloupe s’arrête logiquement aux limites de ces lieux et de leurs compétences.

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Michel Rovélas, devant la FIAC 2012
Photo Uprising.com

Sommes-nous représentés sur la scène internationale ?

Une galerie d’Art telle que T&T Art Contemporain peut compléter l’action des lieux habituels de monstration en offrant les avantages suivants aux artistes et au public : – Maintenir un fonds d’oeuvres d’art des artistes de la galerie en plus des expositions en cours. Cela permet aux artistes d’avoir un lieu ouvert au public où leurs oeuvres peuvent être vues en permanence. Les visiteurs ont accès à l’exposition en cours et peuvent à leur demande, voir les oeuvres de plusieurs autres artistes au même moment et en un même lieu.

– Conseiller les collections privées et publiques. En effet, ces personnes et institutions se posent des questions fondamentales : Quelle est la cote réelle des oeuvres échangées en Guadeloupe? Quelle place ont ces oeuvres dans le monde l’art? La pertinence du discours de l’artiste par rapport à notre environnement immédiat ? Sommes-nous représentés sur la scène internationale ? Peut-on afficher un prix de 6 000 euros, voire plus, pour une oeuvre si le CV de l’artiste ne fait état d’aucune grande exposition internationale ; Musée, Foire, Biennale, Galerie?

– Maintenir une qualité du programme dans ce lieu afin d’en faire un gage de qualité.

– L’exigence d’inscrire les expositions dans le cadre de notre réalité géopolitique en affirmant notre appartenance au monde actuel (contemporain). Cela est fondamental pour l’éveil général de la sensibilité artistique. Un regard et une éducation artistiques ne se construisent pas uniquement par la mise en présence de l’oeuvre. Il convient de la placer dans un contexte. Celui de notre île et du monde.

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Thierry Alet avec l’Ambassadrice de France en Afrique du Sud
Joburg Art Fair 2013- Heart Galeie Paris

– Représenter les artistes à des foires d’art contemporain internationales! Celles-ci sont devenues le lieu incontournable d’échanges. C’est là que s’ouvrent les portes des expositions internationales qui manquent cruellement aux CV de nos artistes.

– Offrir aux artistes et au public des expositions longues de plus d’un mois! Cela permet à plus de monde de voir l’exposition.

– Diffuser les oeuvres, promouvoir le nom de l’artiste et informer le public sur sa démarche artistique.

– Palier par la participation aux foires internationales (Paris, Londres, Miami, Bale, New York etc.) l’absence d’artistes de nos régions. Les portes du monde de l’art sont gardées par le complexe Institutions/galeries de Paris. Comment expliquer qu’aucun artiste de Guadeloupe ou de Martinique n’ait eu d’expositions dans un musée d’art contemporain, à la FIAC* ou ne soit représenté par une galerie de ce complexe* ? La Guadeloupe et la Martinique ne sont-elles pas françaises ? Les artistes originaires des DOM sont-ils d’emblée considérés comme médiocres ? Est-il possible que rien de ce que notre peuple produit ne vaille la pire des 3000 oeuvres présentées à la FIAC chaque année ? Rencontre avec Renée Cox à T&T Basse-Terre

Nous croyons que l’art de notre peuple a sa place sur la scène internationale. Avec l’aide de toutes les bonnes volontés qui nous seront offertes, notre proposons T&T comme un des espaces nécessaires pour faire valoir ce qu’il se produit de mieux.

Voilà pourquoi nous avons créé T&T Art Contemporain.

Propos recueillis par Agnès Castro

*) FIAC – Foire Internationale d’Art Contemporain (Paris)

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T&T Art Contemporain Jarry

43 Immeuble Socogar, 97122 Jarry

+590 10 91 60, +690 10 91 60

10H00- 16H00 et sur RDV

En ce moment 

Tibans Dorés | Thierry Alet

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T&T Art Contemporain Basse-Terre

Face à l’hotel de Région, 97100 Basse-Terre

 +590 10 01 45, +690 68 04 64
10H00- 16H00 et sur RDV

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Prélude | Carlos Estevez

office.fius@gmail.com