Joséphine et la performance d’art populaire

jo1Les 16, 17 et 18 novembre derniers, plus de cinquante artistes et galeristes ont  investi toutes les chambres de l’hôtel L’Impératrice pour créer la 2ème édition de PooL Art Fair. Cette exposition fut la plus grande rencontre entre les artistes et le public de Martinique. Nous avons remarqué les performances de Habdaphaï accompagné de ses musiciens. Les performances de Habdaphai accompagne de ses musiciens furent saisissantes. Les médias ont bien relayé la présence et la performance de Sarah Trouche l’artiste invitée d’honneur du salon. Celle-ci, partie nue de ‘ l’Impératrice hotel’, a marché jusqu’à l’Impératrice « statue » pour la fouetter. Les commentaires des Martiniquais, clairement concernés par cette affaire, abondent sur le blog de France Antilles. http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/culture/en-video-et-en-photos-nue-sur-la-savane-181823.php?pc=0#rub_commentaires

Tous réagissent à la nudité de l’artiste. Certains voient dans les coups de fouet un juste retour de l’histoire. Rappelons d ailleurs, la chronologie des actions artistiques et engagées qu’a subi Joséphine « la statue », ces 20 dernières années.

Tout a commencé en 1990, deux étudiants de l’École d’Art de la Martinique recouvrent la statue de papier et l’encordent. Elle est vite libérée par la municipalité de Fort-de-France (à vérifier). Très peu de temps plus tard, elle est peinte en bleu par un autre étudiant de l’École d’Art. Il leur a fallu plus de temps la pour la remettre en état. En effet, cela entraina la construction d’un échafaudage, l’enfermement quasi hermétique du bout de marbre et d’une de ces machines qui souffle du sable en guise de karcher. Fraiche et belle dans son nouvel habit de lumière, trônant sur la Savane et desormais sous haute surveillance, elle passa quelques années paisibles. Jusqu a ce matin ou Mais un jour la Martinique se réveilla en se demandant où était passée la tête de Joséphine. La légende urbaine a cherché du coté des deux premiers étudiants, sans succès. Elle s’est peut-être tournée vers le deuxième étudiant. Assurement, L’Auteur de cet acte héroïque ou de ce méfait est entré dans la légende, sans nom. Mais comme tout acte de magie est incomplet sans le prestige, quand on fait disparaître quelque chose, l’acte suprême est de le faire réapparaître. C’est ainsi que quelques mois après s’être fait decapiter l’impératrice a retrouvé une tête. Comment dire, une tête bien différente. Faite sur mesure, ses entrelacements de fer s imbriquaient Celle ci était faite sur mesure. Les entrelacements de fer qui la constituaient s’imbriquaient parfaitement à ce qui lui restait de cou. A la forme générale de tête que créaient les bandes de fer, s’ajoutaient, au dessus et de part et d’autre fièrement deux belles cornes. De celles des taureaux vigoureux tombés dans une lutte injuste dans l’arène de la bêtise humaine. A mois qu’elle ne viennent simplement des mass à corne de nos carnavals salés. Cette tête ne fit que peu de bruit et  fut simplement retirée sans autre forme de procès. Cet acharnement a malgré tout plongé la Martinique dans un débat houleux qui opposait les anti-impérialistes aux conservateurs. Pour éviter que Fort-de-France ne tombe dans une guerre civile, le maire (à vérifier) décide de déplacer le morceau de marbre. Il ne sera plus au milieu de la savane mais sur les cotés. Une façon peut-être habile de dire aux uns et aux autres qu’ils on été entendus. En déplaçant la statue on déplace le problème, Il devient moins facile à voir. Les voix s’essoufflent, on n’en parle plus,. En tout cas on en parle moins. Cela suffit à rétablir la paix sociale.

Dix ans plus tard sauf erreur ou omission de ma part, c’est bien le temps qui a passé, Habdaphaï et Thierry Alet crèent la 1ere édition du salon PooL Art Fair à l’Impératrice « Hotel ». Les discussions passionnelles autour de l’art réveillent les démons de l’impératrice « statue ». Le temps a passé. Transposé dans l’air du virtuel et du facebook à toutes sauces un couple d’artistes photoshoppe la tête d’un des organisateurs du salon sur le corps de Joséphine. Bien que le message ne soit pas clair, la photo digitale devient virale et fait le tour du monde. C’était en 2011, en 2012 il y a Sarah Trouche.

Où allons nous à partir de là !?

Est-il juste qu’une sculpture décriée garde sa place dans l’espace public ? Cette sculpture est-elle avant tout une œuvre d’art ? Doit-elle être cantonnée à son aspect symbolique ? Ici, la représentation, en marbre de Joséphine ? C’est à dire un objet sur lequel est transférée toute la symbolique du rang et du statut qu’elle incarnait de son vivant.

Le Magicien fera-t-il disparaître le corps et réapparaitre la tête pour nous la livrer seule sur un plateau ?

Signé Simon Bézissy, le Chevalier Masqué

à voir:

http://www.youtube.com/watch?v=Ivfn0WGFKmM

à lire:

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article1091

http://parfgeneatoponyme.over-blog.com/article-le-socle-de-fran-ois-xavier-attend-sa-josephine-41029660.html

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